L’alternative-UBO se joint à la mobilisation étudiante contre la hausse des frais d’inscriptions dans l’enseignement supérieur des étudiants étrangers non communautaires et participera à l’assemblée générale prévue jeudi 29 novembre à 12h30 en amphi Guilcher à Segalen.

Cette mesure élitiste et discriminatoire n’a en aucun cas sa place dans notre système universitaire. Elle met à mal l’objectif de démocratisation de l’enseignement supérieur.

Nous nous engageons pleinement dans l’opposition à cette mesure qui montre encore une fois la volonté du gouvernement de mettre à mal l’enseignement supérieur et de s’attaquer aux étudiants les plus précaires. De plus, nous craignons que cette mesure ne soit qu’une première étape à une hausse généralisée des frais d’inscription à l’université. Après avoir instauré la sélection à l’université l’année dernière le gouvernement engage la sélection par l’argent, il s’agit là d’un pas de plus dans le sens de la privatisation de l’enseignement supérieur au détriment des étudiants les plus précaires.

Nous avons d’ores et déjà déposé une motion qui sera débattue lors du prochain Conseil d’Administration de l’université invitant celle-ci à prendre officiellement position contre cette mesure discriminatoire et dangereuse pour université.

 


La motion que nous avons déposé pour le prochain conseil d’administration de l’UBO :

“Le gouvernement a annoncé l’augmentation des droits d’inscription des étudiants extra-communautaires en les multipliant par seize dans certains cas: 2770 € par an pour le niveau licence (contre 170€ jusque-là) et 3770 €/an pour les niveaux Master et Doctorat (contre respectivement 243€ et 380€ jusque-là).

Au-delà du danger que cette mesure représente pour la démocratisation de l’enseignement son caractère discriminant à l’égard des étudiant.e.s étranger.e.s n’est pas sans nous poser un certain nombre de questions.

Le Conseil d’Administration de I‘Université de Bretagne Occidentale manifeste son opposition à l‘augmentation des droits d’inscription à I’université car elle est un obstacle majeur à la démocratisation et l’internationalisation de l’accès à l’enseignement supérieur.

L’augmentation des droits, même partiellement compensée par une augmentation du nombre des bourses qui leur seraient allouées, est une mesure de sélection par I’argent contraire aux valeurs humanistes portées par notre établissement. De plus, elle est scandaleusement discriminatoire contre les étudiant.e.s étranger.e.s les plus modestes, dont un très grand nombre ne pourra plus venir étudier dans notre pays. La mesure proposée par Édouard Philippe est en contradiction flagrante avec les incitations à l’internationalisation des universités françaises. L’objectif fixé de 500 000 étudiants en mobilité en France d’ici 2027, contre 320 000 aujourd’hui, ne pourra pas être atteint en élevant de façon aussi radicale les droits d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s.

L’UBO accueille un nombre important d’étudiant.e.s extra-communautaires, la plupart sont des étudiant.e.s de qualité aux revenus modestes, provenant d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie, et un grand nombre d’entre eux contribue au rayonnement de notre université et de la culture française dans leur pays d’origine après la fin de leurs études.

En l’état, cette mesure risque de déstabiliser des dispositifs fragiles et de décourager les futurs étudiants étrangers à s’inscrire à l’université. Le CA de l’UBO demande donc au gouvernement de revenir sur cette décision, et reste disposé à étudier toutes les propositions visant à favoriser I’accueil des étudiant.e.s étranger.e.s en France. De plus nous craignons que cette mesure ne soit qu’une première étape à l’augmentation générale des frais d’inscription. Nous voulons donc réaffirmer notre volonté de démocratiser l’enseignement supérieur et nous opposons à toutes formes de sélection à l’entrée de l’université, qu’elle soit financière ou non.”